L’open data au cœur des villes

Un data center rempli de données ouvertes (open data)

1.     Open data, qu’est-ce que c’est ?

L’Open Data ou l’ouverture des données est une démarche dont se sont emparées les institutions publiques de taille importante dans un souci de meilleure transparence administrative (le gouvernement américain, le Royaume-Uni, la France, etc.). Historiquement en France, l’open data s’est manifesté depuis la révolution et l’article XV de la déclaration des droits de l’homme :  « La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration ». Le principe est posé, son application a suivi et se poursuit.

L’Open data consiste à publier des données dont l’accès est public et libre de droit. Les grandes Métropoles ont emboité le pas en prenant conscience de l’opportunité que représente l’open data tels que Rennes, Bordeaux et La Rochelle Agglomération.

En France, l’ouverture des données publiques par les collectivités est encouragée par l’Etat notamment par la loi pour une République Numérique. Depuis le 7 octobre 2018, les collectivités de plus de 3 500 habitants et les administrations de plus de 50 agents, ont l’obligation par principe de publier leurs données. La totalité de leurs données ? Une grande partie puisque la publication vaut pour les données présentant un intérêt économique, social, sanitaire ou environnemental ; mais aussi pour les données qui ne sont pas protégées, soit parce qu’elles contiennent des données à caractère personnel (RGPD), soit parce qu’elles sont couvertes par un secret lié à la sécurité publique, au droit commercial, industriel ou intellectuel. Le but est de croitre la transparence publique mais aussi de stimuler la création de services innovants et adaptés.

Mais qu’en est-il vraiment pour les villes petites et moyennes en matière d’open data ?

2.     Ouvrir ses données, une opportunité méconnue des petites et moyennes communes

Selon Jean Marie Bourgogne, délégué général d’Open Data France :« on note un gros retard à partir de la strate de communes de 20 à 50 000 habitants, souligne-t-il, comme pour les communautés de communes »[1].

La question est pourquoi les petites et moyennes collectivités sont-elles « en retard » dans l’ouverture de leurs données ? Cette tendance peut s’expliquer par les nombreuses difficultés qu’elles rencontrent pour s’approprier cette démarche. Parmi ces freins nous pouvons citer :

  • Le manque de ressource technique pour récupérer les données, les traiter et les publier ;
  • Le manque de sensibilisation des élus aux opportunités que représente l’open data, perçu comme un outil trop loin des préoccupations quotidiennes ;
  • Un manque de visibilité sur les retours d’expérience dans des communes de taille similaires.

Les petites et moyennes collectivités prennent conscience de l’intérêt des outils numériques mais certaines ont besoin d’être accompagnées et sensibilisées à l’open data. C’est ce qui a motivé l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) lancé par Open Data France et la Banque des territoires dans le cadre du programme Action Cœur de Ville (ACV) – volet « Smart solutions et innovation ».

3.     Un Appel à Manifestation d’Intérêt sur l’open data dans le cadre d’ACV

Cet AMI est ouvert depuis le 7 octobre pour une période de 3 mois. Il consiste à accompagner des collectivités souhaitant mener des expérimentations liées à la réutilisation de données (internes ou externes).  L’objectif est de démontrer que l’open data constitue une réelle opportunité pour les villes petites et moyennes afin d’améliorer significativement les services aux habitants.

Comment l’open data peut-elle répondre aux problématiques récurrentes des territoires ?

La revitalisation du commerce de proximité

La revitalisation du commerce de proximité peut s’appuyer sur l’open data pour faciliter l’élaboration d’un diagnostic, la prise de décision éclairée et la proposition de services adaptés. Pour un diagnostic commercial, la base Sirene publiée en open data et croisée avec des données locales ouvre la voie à des analyses fines, qui peuvent fournir des orientations stratégiques et opérationnelles.

La mobilité

La mobilité est un domaine où l’ouverture des données se développe énormément sous deux aspects :

  • Publier des données de mobilité pour mieux connaitre les besoins des usagers et permettre d’adapter les services publics
  • Diffuser des données pour faciliter et encourager la mobilité de l’usager en lui donnant accès à des informations en temps réels

L’offre culturelle

L’offre culturelle peut être valorisée et démocratisée grâce à la donnée. Les données culturelles sont de « véritables biens communs et font parties du patrimoine historique et culturel de tous les citoyens » comme le précise la feuille de route stratégique open data du ministère de la culture et de la communication. Les données publiques ouvertes à la réutilisation libres et gratuites permettent de :

  • Accompagner la constitution d’un écosystème de création et d’innovation dynamique
  • Alimenter une stratégie de marketing territorial pour croître l’attractivité de la ville
  • Donner de la visibilité aux citoyens sur les événements culturels de sa collectivité

Le logement

Le logement est également une préoccupation majeure pour les villes petites et moyennes ; tout d’abord pour répondre à un enjeu environnemental de gestion des ressources énergétiques (réseau de chaleur, gestion intelligente de l’eau, de l’électricité, etc.). L’open data représente également une opportunité pour :

  • Les futurs acquéreurs et/ou locataires afin d’accéder aux informations pertinentes lors de leurs parcours résidentiels (prix de ventes constatés par les villes, dispositifs d’aide à l’accession à la propriété, etc.)
  • Les habitants : le logement est recherché pour lui-même mais également pour les services de proximité : équipements publics, mobilité, loisirs, services publics, initiatives habitantes.

Sur ce point, Metapolis a accompagné la région Ile-de-France dans sa candidature au programme TIGA qui porte sur « Construire au futur, habiter le futur ». Dans ce cadre, nous avons participé à l’élaboration de l’offre « immeubles d’habitation connectés » qui consiste à informer les habitants en temps réel et faire des bâtiments des relais de communication, des liens tangibles entre le territoire et ses citoyens.

Des expérimentations seront accompagnées sur ces quatre thématiques. Dans chacune d’elle, l’open data est un outil dont les villes petites et moyennes peuvent se saisir pour faire face à leurs enjeux et trouver les meilleures réponses aux besoins des citoyens et plus largement de leur territoire.


[1] Source : https://www.lagazettedescommunes.com/586475/open-data-et-collectivites-qui-fait-quoi-et-comment/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.